Début Août 1914, c'est la mobilisation, la France est prête à livrer une guerre sans merci à l'Allemagne afin de reprendre ses deux régions : l'Alsace et la Lorraine. Une première vague d'hommes de toute la France est mobilisée, dans cette vague sont concernés les Frères de Denis :  Pierre rejoint le régiment le 12 Aout mais sera envoyé au front en septembre. Louis est appelé le 5 Aout et part aussitôt au front avec le 268eRI, quant à Baptiste, il est mobilisé lui aussi les premiers jours de Aout et part aussitôt avec le 68eRI.

Denis est mobilisable plus tard, car il fait partie des classes les plus anciennes, il rejoint la caserne du 268eRI le 31  Août pour y rester jusqu'au 1er Novembre, date à laquelle il partira pour le front.

Du 31 aout au 1er Novembre, il subit des changements de situation : 

- En septembre 1914, il passe dans l'armée territoriale du fait qu'il est père de 4 enfants, l'avantage c'est qu'il ne sera pas directement au contact de l'ennemi, les régiments territoriaux organisent la defense à l'intérieur du territoire français pendant que les régiments de ligne se battent à la frontière.

- Avant son envoi au front, il repasse dans la réserve, c'est-à-dire au 268eRI pour l'unique raison que les pertes sont énormes et qu'il faut remplacer les morts. La situation familiale de Denis lui a été bénéfique pour passer dans la territoriale, mais dû à son jeune âge (34 ans), il est jugé apte à se battre. J'imagine que ça a été une grande frustration pour lui, de se dire qu'il sera en première ligne, tout près de l'ennemi et qu'il risque de mourir.

Il quitte donc la caserne du Blanc le 1er Novembre avec son détachement qui constitue un renfort d'hommes pour le 268eRI, pour l'étranger : La Belgique. Le 268eRI, aidé de plusieurs autres régiments français, anglais, belges barrent la route à l'armée allemande qui arrive en force.

Avant de quitter leur caserne, le 8 aout, le lieutenant-colonel Pichat, chef du 268eRI, s'est exprimé aux soldats :

"Officier, sous officiers et soldats du 268e régiment d'infanterie de réserve,

l'Allemagne, l'ennemi séculaire de notre patrie, l'Allemagne, non contente de nous avoir ravi, il y a quarante-trois ans, deux de nos plus belles provinces, vient, en invoquant de fallacieux prétextes, de déclarer la guerre à la France !

Aveuglés par un incommensurable orgueil, nos ennemis se vantent de leur prétendue supériorité et comptent obtenir de faciles victoires. Ils espèrent grâce à leur longue préparation à la guerre, écraser en quelques semaines la France pacifique de tout le poids de leurs armes pour en finir  ensuite avec notre alliée la Russie.

A pareille jactance, vous répondrez par une confiance absolue en vos chefs, par votre discipline et par votre froide résolution de sacrifier, s'il le faut, votre vie pour la défense de vos foyers.

Quant aux illusions allemandes, vous les briserez par votre ténacité sous le feu, et par votre endurance et, espérons-le aussi par vos victoires.

En ce jour solennel où va s'ouvrir l'historique de guerre de votre régiment, Officiers, sous officiers et soldats du 268e régiment d'infanterie de réserve, j'ai l'insigne honneur de vous présenter ce drapeau sous les plis duquel vous allez souffrir et combattre pour vos familles, pour vos foyers et pour la défense du droit et de la justice.

Cet emblème sacré que la patrie confie à votre garde sera la page de gloire où les générations futures liront, gravées en lettre d'or, les inscriptions de vos hauts faits.

Saluons-le avec toute l'ardeur de notre âme et, tout à l'heure, quand nous défilerons devant lui, faisons, tous serment de le défendre jusqu'à la mort !

Vive la France ! "