« 29 Avril 1915 :

Le capitaine Gire avait désigné de concert avec le lieutenant Dubois commandant d'une compagnie du 9e Zouaves, à droite du 268e, pour se lancer à la baïonnette, la section du sous-lieutenant Marcille et de l'adjudant Gallien de la 20e compagnie et la section Sueur du 9e Zouaves. Le tir d'artillerie commencé à 17h38 s'accélère à 17h57 et fait disparaître les tranchées allemandes sous une épaisse fumée.

A un commandement du Capitaine Gire, à l'Heure fixée ( 18 heures), tous les hommes bondissent baïonnette en avant et disparaissent dans les nuages des éclatements tandis que l'artillerie allonge son tir.

Les Français font au pas gymnastique les 300 mètres qui les séparent de la tranchée allemande sans subir de pertes sérieuses mais arrivés près du parapets, ils reçoivent une quantité de bombes qui tuent le sous-lieutenant Marcille, l'adjudant Gallien, l'adjudant Chottin et une dizaine d'hommes.

Les autres se terrent contre le parapet.

A ce moment le sous-lieutenant Provost accourt avec une section de renfort. Il est tué à la tête de ses hommes. Le Capitaine Gire se porte au centre avec la derniere section de la compagnie. Le soldat Lemerle qui est en avant brise les fils de fer à coups de crosse et la compagnie saute dans la tranchée allemandes. Les Allemands se défendent dans un furieux corps à corps, à coups de bombes, à coups de baïonnettes, on se tire à bout portant...

Le Capitaine Bauclin envoie encore un renfort, la section Fishmeister et la section Fillaud, la première à droite la deuxième à gauche et la tranchées allemandes est enfin débarassée de tous les ennemis vivants. Ceux qui ne sont pas tués, une trentaine, sont faits prisonniers.

Aussitôt des travaux furent commencés pour retourner la tranchées, l'organiser, relier les éléments conquis entre eux, évacuer les blessés et les prisonniers. Il faut aussi débarasser la tranchées de plus de cent cadavres, corps mutilés par le 75 ou traversés par les baïonnettes. Les Français sont déposés en arrière de la tranchées ; les cadavres allemands sont jetés du côté de l'ennemi et dans les boyaux qui y conduisent, pour en fermer l'entrée. 

Vers la droite, la tranchée conquise communiquait avec le reste de la tranchée encore aux mains des allemands. On établit un barrage en sacs de terre et un poste de surveillance. Enfin un boyau de 325 mètres fut creusé dans la nuit pour relier la tranchée conquise et le point d'où était parti l'attaque. Il fallut également organiser des corvées d'eau, de vivres pour nous et les Zouaves, quérir des sacs à terre, placer une mitrailleuse, installer un poste téléphonique. 

Les Allemands complètement démoralisés par notre attaque ne tentèrent dans la nuit aucune Contre-Attaque. Les patrouilles et la reconnaissance que fit pendant la nuit le sous-lieutenant Fischmeister firent plusieurs fois des prisonniers- Seul un petit poste à la maison du Collège tira et tua un zouave de la reconnaissance. 

Mais le régiment était trop en flèche sur les unités voisines pour pouvoir pousser plus loin son mouvement. Nous avons pris en cette journée un gros matériel à l'ennemi, plus de 200 fusils, 50 000 cartouches, des grenades, des lance-bombes, une mitrailleuse, deux pistolets lance-fusées et ung rand nombres d'équipements. »

Troisième journée de combat achevées, le régiment a 23 morts, 54 blessés et 11 disparus, soit un total de 88 pertes.

 

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Le Lieutenant Colonel Mariani (commande le 268e) et le Capitaine Laurentin

 

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La Baïonnette française nommée "Rosalie"